Lettre à la mer.

Lettre à la mer.
Lettre à la mer.

Je m'assieds devant toi.
Di
scrète.
Rapport à ta peur.

Je finis par te voir.
I
gnorante.

Et je tente sans cesse de suivre tes soupirs, tes assauts et tes fuites.
En
vain.

A
ssise à tes pieds, je ferme alors les yeux.

Laisse doucement tanguer le sol.
M'
enlise à tes embruns.

E
coutant les ressacs,
Libérant l'horizon,
Je m'endors sur le sable.
E
nfin.
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# Posté le mardi 29 septembre 2009 10:37

Modifié le mardi 29 septembre 2009 18:13

Le téléphone

Le téléphone
Le téléphone


Je dors.
L
e téphone sonne. Deux fois.
U
ne erreur?
Je ne dors plus.
Ou peut-être que si. Je ne sais plus.
Un visage àdu mien souffle.
Mes joues.
C'est un homme je crois.
Je dois être réveillée.
L
a nuit a cessé de me piétiner et j'entends les gosses.
Dehors.
Je me lève.
L'
homme dort encore.
Je vais à la fenêtre.
M
on nez à la vitre, regard-persiennes.
L
es yeux pleins de sommeil, mais ils crient.
Hey, t'as pas une clope.
Retournement du corps pour exprimer masapprobation à cet homme que je dois conntre.
A
ppartement vide.
La
rue aussi.
Il
faudra que je pense - installer le léphone.
Le
lit.
Je me rendors.
O
u bien je me réveille, je ne sais plus.

# Posté le mercredi 19 août 2009 19:10

Modifié le mardi 25 août 2009 22:39

9 mai 2009

9 mai 2009
9 mai 2009.

D'aussi loin que je me souvienne, je n'ai jamais eu peur de l'orage. Et quand le bruit sourd commençait à résonner, je n'attendais qu'à peine la pluie pour aller me blottir avec délice dans les bras de ma mère. Et trente ans plus tard, je ne peux m'empêcher de sourire quand j'aperçois au loin un ciel chargé. Je glissais mes pieds entre ses jambes et j'inventais les mauvais rêves qu'aurait dû déclencher cet orage. Je finissais évidemment par m'endormir, et me réveillais invariablement le matin dans mon lit, déçue. Il ne me restait plus alors, qu'à attendre le suivant.
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# Posté le jeudi 14 mai 2009 11:04

Modifié le samedi 06 juin 2009 06:22

Le bus.

Le bus.
Le bus.

Je suis dans le bus. C'est un de ces jours qui hantent la fin du mois d'août, où la chaleur étouffante s'allie aux pluies orageuses. Je ne vois pas l'extérieur, à cause de la buée à l'intérieur du bus, et de la pluie aussi, qui coule en formant de multiples et minuscules cours d'eau sur les longues vitres. Dans le bus, l'air est suffocant, et les voyageurs peu prévoyants ne savent plus que choisir. Tour à tour, ils grelottent ou s'éventent, le visage usé. En face de moi est assise une vieille dame. Elle a po à côté d'elle un sac de courses provenant de lpicerie Zwolin, dans laquelle je ne me rends plus depuis que le vendeur m'a fichue à la porte pour une histoire de vol. Ou bien était-ce moi qui ai choisi de ne plus revenir. Je ne sais plus. Quoi qu'il en soit, je regrette leurs cafés. La vieille dame en tient un dans sa main gauche. Il sent bon. De l'autre, elle fraye un passage à ses yeux en écartant la be de la vitre. Je n'ai pas très envie de regarder dehors, et jetourne la tête.
J'aimerais rater l'arrêt.
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# Posté le jeudi 14 mai 2009 11:00

Modifié le vendredi 15 mai 2009 09:56

RAS

RAS
RAS.

Tu sais que je ne t'en veux pas. Que ce qui me sépare de toi à présent, ce n'est que mon honneur inattendu, assisté de ta colère. Ces mots-là, je les ai tant écrits qu'ils m'échappent à présent. Le quotidien de ta non-présence les a emporté avec le bulletin météorologique. Et à présent, même ton sommeil trahit le mien. Alors je retourne au temps qu'il fait. Mes mains se tordent et voyagent de verres en cigarettes et de mèches en couverts. Je les observe, mi-amusée, mi-effarée par cette capacité qu'elles ont à ne jamais se poser. Je n'ose les quitter des yeux pour tourner ma tête dans ta direction. Pourtant, je sens parfois ton regard, qui sitôt que le mien s'approche, s'enfuit, effrayé à l'idée de ce contact visuel. De toutes évidences, tu es gênée. Bonne idée d'avoir lissé mes cheveux. Mes doigts trouvent ainsi une nouvelle occupation plus glorieuse que l'observation d'une cuiller à soupe ou d'un verre de vodka vide. L'étude méticuleuse des cicatrices nouvellement contractées lors d'une fusion entre le bitume et mes phalanges m'occupe un moment. Je devine que tu es gênée. Peut-être autant que moi. Peut-être même plus. Car, chose que tu ignores encore, je sais depuis longtemps que je t'ai pardonné. J'imagine alors tes interrogations. Mais pas mes réponses, qui ne peuvent pas vraiment exister en dehors des instants où tu oses les questions. Je devrais me couper les ongles. Celui du majeur droit est ébréché. Je n'aime pas ça et toi non plus. Je les passe en revue un à un. Je ne m'ennuie pas. Tu es là. Je me demande si moi aussi. Regards fuyants, devinettes et météo. RAS.
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# Posté le jeudi 14 mai 2009 10:53

Modifié le jeudi 14 mai 2009 12:26

Sans titre 2.

Sans titre 2.
Sans titre 2.

Il faut juste trouver une phrase. La phrase. Et le reste viendra. La phrase qui fait que ces mots sont les miens, et qu'ils n'ont pas déjà écorché les pupilles ennuyées des lecteurs. Je la tiens. Ecorcher les pupilles ennuyée des lecteurs. Mais la suite ne vient pas, et mes propres pupilles regardent d'un air ennuyé la cartouche presque vide de mon bic écorché. De toutes façons, j'ai décidé qu'écorché n'était pas un beau mot.
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# Posté le jeudi 14 mai 2009 10:43

Modifié le jeudi 14 mai 2009 12:22

L'attente.

L'attente.
L'attente.

Alors que je t'attendais,

les paupières closes

et le nez enfoui dans mon écharpe bien trop longue,

il m'a semblé que tu étais déjà là.

J'ai gardé les yeux fermés,

pour préserver quelques minutes encore

le doute de ta présence,

et entrevoir celle

que tu aurais dû être à cet instant précis.

Puis je suis parti,

emportant avec moi

cette rencontre qui n'aura pas lieu.
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# Posté le jeudi 14 mai 2009 10:39

Modifié le samedi 06 juin 2009 06:23

La méduse

La méduse
La méduse.

Je sens cette méduse qui enfle.

Et je ne te vois plus qu'à demi.

Cachée que tu es par ses tentacules filamentaires et son large corps électrique.

Je sais que je ne peux pas partir.

Maintenant.

Laisser en plan ces vieux papiers qui trainent entre nous sur le sol de l'appartement.

Je tape ma tête contre le mur.

Pour tenter d'en faire sortir autre chose que ce murmure incessant.

Qui me dit que je devrais faire le ménage.

Qu'on ne sait jamais.

Que nous pourrions nous quitter dans une seconde.

Et pourtant.

Je ne me suis jamais senti aussi invincible qu'en cet instant où j'ignore encore.

Si je vais perdre ou non.

# Posté le samedi 02 mai 2009 15:37

The Hours

The Hours
Dear Leonard.
To look life in the face, always, to look life in the face and to know it for what it is.
At last to know it, to love it for what it is, and then, to put it away.
Leonard, always the years between us, always the years.
Always the love.
Always the hours.


In The Hours, de Stephen Daldry
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# Posté le mardi 07 avril 2009 16:21

Desplechin

Desplechin
Ombres que nous sommes, si nous avons déplu, pensez ceci: que vous n'avez fait que dormir. Et tout sera réparé.


Traduction très personnelle par Arnaud Desplechin de la dernière réplique du Songe d'une nuit d'été (déclamée par Puck). Prononcée par Elizabeth Vuillard (Anne Consigny), c'est la dernière phrase d'Un conte de Noël.
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# Posté le dimanche 15 mars 2009 13:15