La poésie des ciels gris.

La poésie des ciels gris.
La poésie des ciels gris.


Mal
assis sur les sièges de seconde classe, j'ai regardé les paysages défiler sans y pter attention. En réalité, ce n'est pas tout à fait exact, puisque je me souviens encore de cette couleur sans attrait qu'ils avaient. Une couleur de ciel gris, tellement avalé de nuages, qu'on ne les distingue plus du reste. Un ciel sans soleil, tellement gris qu'il en est blanc.

En face de
moi, il y a cette fille au visage anguleux et fort qui écoute en boucle cette chanson extraite d'un vieux film que plus jeune j'avais aimé. J'entends presque distinctement les paroles. Par chance, je suis tombé sur un wagon mortuaire. Un de ceux où, durant les trois heures qui nous séparent de Paris, les voyageurs travailleront, liront, ou encore éviteront avec soin de croiser le regard des autres occupants. Dans une heure et vingt-trois minutes, la jeune fille éteindra enfin sa musique, se retournera vers la vitre, et s'endormira.
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# Posté le dimanche 28 décembre 2008 10:25

Le coup.

Le coup.
Le coup.

Parfois, quand la terre est claire et bleue la nuit tombant, je me demande si je n'ai pas rêvé tout cela.

Et j'essaye alors de m'éveiller à nouveau. Poings serrés à percer mes paumes de mes ongles maladifs, lèvres saignantes et pincées, le hurlement qui enfle dans ma tête „Arrête“, pour être sûre que tu n'entendras pas ce qui s'y passe.

Puis, les paupières presque soudées à force de vouloir m'effacer, je sens mon corps qui se balance doucement, jusqu'à ce que mes genoux touchent le sol, jusqu'à ce que mes membres engourdis se mèlent à la poussière.

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# Posté le dimanche 28 décembre 2008 10:23

Les visages des statues.

Les visages des statues.
Les visages des statues.

Bient, elle ne sera plus qu'un souvenir,

visage blanc et vide,

comme ceux des statues,

dans tes bribes.

Ainsi l'air entre en ton sein,

e
t fait muer chaque partie de ton corps.

Et alors que tu marches,

les yeux loin de la terre,

tu peux sentir cette chair qui à présent est tienne.
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# Posté le samedi 13 décembre 2008 09:35

Modifié le dimanche 28 décembre 2008 10:07

Le vieux carnet

Le vieux carnet
Le vieux carnet.


Je regarde le vieux carnet à spirales posé sur la table de chevet.

Le vieux carnet rempli

Le vieux carnet qui a vu la Suisse, l'Autriche, l'Allemagne, la Slovaquie, la Serbie, la Croatie et l'Italie

Le vieux carnet dont les pages tombent

Le vieux carnet que Jean m'avait volé

Le vieux carnet avec ses ratures, ses dessins, ses chansons et ses numéros de téléphone griffonés

Le vieux carnet offert pour mes vingt ans

Le vieux carnet à la couverture kitche

Le vieux carnet avec les carrés magiques des cours trop longs

Le vieux carnet à la spirale rouillée

Le vieux carnet qui s'ouvre avec les mots qui ont achevé ses pages et cette partie de ma vie

Mon carnet.


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# Posté le samedi 29 novembre 2008 08:29

Les murs qui transpirent.

Les murs qui transpirent.
Les murs qui transpirent.

Sur la porte à peine ouverte, je vois la buée qui s'écoule lentement, en goûttes jaunâtres. L'odeur detements mal lavés. Je transporte mon corps jusqu'au salon, et je le vide sur le sofa. Je colle mon nez aux coussins, pour ne pas sentir qu'il faudrait encore mouvoir ce corps jusqu'à la fenêtre, puis au placard à balais. Je regarde mon image dans la glace qui se trouve en face, et c'est le moment où je devrais trouver une pensée profonde ou alors plonger à l'intérieur de moi-même, histoire d'oublier ce qu'il me reste à faire. Mais en fait, ça ne doit pas être le moment. Je retourne le corps en chien de fusil, la main sur le nez, imaginant que tu vas rentrer en menaçant de foutre ce bordel à la poubelle. Criant que je n'ai pas changé. Que j'ai toujours quinze ans. Je balanceune épaule sur la gauche. Sur le dos. Le plafond est impec'. C'est toujours ça. Je crois que je vais dormir un peu.
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# Posté le jeudi 13 novembre 2008 08:31

Modifié le jeudi 13 novembre 2008 08:44

Le peintre

Le peintre.

Il est un peintre qui sait ces corps que j'aime tant. Ces corps de femmes, nus, maigres et pâles. Presque mourants,avec leurs genous caleux, leurs mains desséchées et la chair molle qui pend de leurs ventres. Et qui même dans ses paysages, a su garder lmotion du nu et de la mort. De cette presque mort. Car il ne le sont pas.
Le peintre
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# Posté le jeudi 13 novembre 2008 08:30

Modifié le mercredi 21 janvier 2009 10:12

Le poète

Le poète
Le pte.

Ce soir je n'écris pas.

Il y a des soirs comme ça.

Je prends le vieux carnet à spirales. Y jette un coup d'oeil. C'est ça. Vieux. Tire Raymond Carver des griffes de Heinrich Mann. Déprimant.

Ce soir, je n'écris pas.

Parfois comme ça.

Et puis je m'arrache presque un sifflement admiratif -pour moi.

Faut avoir du culot pour écrire, après celui-là.
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# Posté le jeudi 13 novembre 2008 08:30

Tu me rappelles l'amour.

Tu me rappelles l'amour.
Tu me rappelles l'amour.

Ce matin en me levant,
J'ai regardé autour de moi.
Ton corps encore ailleurs
Gisait sur le lit défait,
Enlisé dans les draps bleus lavande:
Les membres éparpillés,
Les cheveux collés à la nuque.
Ton corps en exil, pour quelques heures encore,
Je t'observe, amusé,
Remarquant que dans ton sommeil,
T
u as oublié d'être belle.
Je souris.
Tu ressembles à l'amour.
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# Posté le samedi 08 novembre 2008 07:20

Modifié le samedi 08 novembre 2008 07:33

Le jour où j'ai décidé d'être folle.

Le jour où j'ai décidé d'être folle.

Car si les papillons n'ont plus d'ailes, c'est qu'ils les ont refusées. Et elle, petite noireaude, avec ses bras-fils de fer. Alors tant pis pour les chaussettes en boule, pour la vaisselle qui s'amasse, et les lampes allues. Je vois ses cheveux secs, qui ne se coiffent pas, et qui pourtant n'ont pas cet air que la mode voudrait leur donner. Je vois ses yeux marrons, bien trop grands pour son nez, qui ne cessent de s'agiter. Je perds, je perds, perpendiculaire. Et tout cela a peut-être un sens. Je repars dans les champs. Je m'en fous que tu connaisses cet endroit. Tu sais, celui avec des coquelicots, et du blé qui ne pique pas. Je vois ses mains et ses doigts maigres, et j'appercois la rotule de son index, et des autres aussi. Ou alors je pars en Afrique, ou en Asie, dans un endroit on peut faire semblant de croire qu'il n'y a pas de bidonvilles, et on mange avec les mains. Tant pis pour les mendiants, aujourd'hui, je suis folle. Et je peux lire l'avenir, sur les reliefs des murs, mais je ne le ferai pas. Car les papillons qui ont gardé leurs ailes ne font pas ce genre de choses. Et je t'imagine. Tu ne comprends sans doute pas, mais cela est possible. Et les mots ne veulent plus être raisonnables, car il n'ont connu que cela. Ils refusent d'être compris. Je vois ses vêtements trop grands qui flottent autour d'elle, sa robe, parce que c'est toujours l'été, avec du vent. Alors si tu ne comprends rien, nefchis surtout pas. Aujourd'hui, j'aicidé d'être folle.
Le jour où j'ai décidé d'être folle.
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# Posté le samedi 08 novembre 2008 07:17

Modifié le samedi 08 novembre 2008 07:30

La mort de Sarah

La mort de Sarah
La mort de Sarah.

Mais je ne me mettrai pas à genou.
Je ne t'emnerai pas au bout du monde.
Je ne dévaliserai pas les fleuristes.
On n'ira pas à l'opéra.

M
ais je ne te ferai pas de grande claration.
Je ne t'écrirai pas de poème.
Je n'irai pas chercher Mancini.
O
n n'ira pas entre les vignes.

Mais je n'apprendrai pas à danser.
Je ne commencerai pas à croire en Dieu.
J
e ne m'ouvrirai pas les veines.
O
n n'ira pas voir la mer.

# Posté le samedi 08 novembre 2008 07:05

Modifié le samedi 08 novembre 2008 07:27