Je suis dans le bus. C'est un de ces jours qui hantent la fin du mois d'août, où la chaleur étouffante s'allie aux pluies orageuses. Je ne vois pas l'extérieur, à cause de la buée à l'intérieur du bus, et de la pluie aussi, qui coule en formant de multiples et minuscules cours d'eau sur les longues vitres. Dans le bus, l'air est suffocant, et les voyageurs peu prévoyants ne savent plus que choisir. Tour à tour, ils grelottent ou s'éventent, le visage usé. En face de moi est assise une vieille dame. Elle a posé à côté d'elle un sac de courses provenant de l'épicerie Zwolin, dans laquelle je ne me rends plus depuis que le vendeur m'a fichue à la porte pour une histoire de vol. Ou bien était-ce moi qui ai choisi de ne plus revenir. Je ne sais plus. Quoi qu'il en soit, je regrette leurs cafés. La vieille dame en tient un dans sa main gauche. Il sent bon. De l'autre, elle fraye un passage à ses yeux en écartant la buée de la vitre. Je n'ai pas très envie de regarder dehors, et je détourne la tête.
J'aimerais rater l'arrêt.
